Baptiste ETIENNE et Jean-François VIEL ont créé paléo-en-ligne.fr et ils nous expliquent pourquoi

L’un est généalogiste professionnel, l’autre est doctorant en histoire moderne. Ils ont démontré à de nombreuses reprises leur talent de paléographe. Motivés et passionnés, Baptiste ETIENNE et Jean-François VIEL ont lancé il y a quelques semaines une plateforme de paléographie en ligne proposant un enseignement structuré, progressif et complet de paléographie française moderne (XVe-XVIIIe siècles) et ont accepté de répondre à quelques questions :

Pouvez-vous vous présentez ?

Jean-François VIEL : Je suis généalogiste professionnel depuis fort longtemps, depuis 1992. La paléographie a toujours été ma spécialité. J‘ai commencé à en faire il y a plus de 30 ans. Depuis une dizaine d’années, j’ai même orienté toute mon activité professionnelle vers la paléographie. Sinon, j’ai travaillé de longues années à constituer des bases généalogiques, notamment à partir des archives notariales et, évidemment, la paléographie était indispensable.

Baptiste ETIENNE : Pour ma part, j’ai suivi un cursus universitaire des plus classique. Licence d’histoire après le bac, Master d’histoire moderne (portant sur le « Parlement et les parlementaires de Normandie au XVIIe siècle »). Par la suite, j’ai eu l’opportunité d’obtenir une allocation ministérielle pour entreprendre une thèse portant sur « Rouen en 1650 ». Cette formation m’a amené à transcrire des milliers de documents de tout type. En octobre 2016, j’ai fait le choix de monter une entreprise. Celle-ci repose sur le concept d’un bureau d’étude en histoire. Parmi de multiples activités, la paléographie est véritablement le cœur de la machine.

Pouvez-vous rappeler l’adresse internet de votre plateforme ?

Baptiste ETIENNE : Oui, bien sur, paleo-en-ligne.fr

Pourquoi avoir décidé de lancer une plateforme en ligne dédiée à la paléographie ?

Baptiste ETIENNE : C’est une longue histoire. Pas si longue, mais un peu quand même. En fait, on a simplement commencé par échanger entre nous, pour le plaisir. Et un jour, j’ai évoqué l’idée de créer des cours de paléographie. Toutefois, le concept a mis un peu de temps à émerger.

Jean-François VIEL : Parce qu’on s’est aperçu qu’il y avait un manque en la matière. De nombreuses personnes intéressées par l’histoire, la généalogie, etc., aimeraient pouvoir apprendre la paléographie, mais manquent souvent de temps. Pouvoir le faire depuis chez soi, à son rythme, est une possibilité qui n’existe pas véritablement ou du moins jusqu’à notre plateforme.

Baptiste ETIENNE : Oui, c’est ça, l’idée de la plateforme s’est un peu imposée à nous finalement à force de chercher des solutions techniques, c’est ce qui était le plus simple.

Jean-François VIEL : En fait, sans nous connaître, nous avions tous les deux à peu près la même idée. Lorsque nous nous sommes rencontrés sur le groupe Paléographie Facebook, nous avons assez rapidement compris l’intérêt d’unir nos efforts pour bâtir un projet commun.

Jean-François VIEL : Finalement, la plateforme, c’était le moyen le plus efficace pour permettre de donner accès à tous et toutes à la paléographie. Or, si on regarde ce qui est possible à l’heure actuelle et dans le meilleur des cas, il faut résider à proximité d’un centre d’archives ou d’un cercle qui propose un enseignement en paléographie. Ce n’est pas toujours évident, on offre donc une alternative.

Baptiste ETIENNE : Oui, et le fait d’avoir travaillé en commun, ce n’est pas innocent, on est très complémentaire. Mis à part le fait qu’on a beaucoup rigolé, nous avons deux méthodes de travail et deux approches de la paléographie qui offrent un véritable plus.

Jean-François VIEL : Tout à fait, nos approches sont complémentaires et nous aurions sans doute eu beaucoup plus de mal à bâtir ce projet de façon isolée. Et puis, comme le dit Baptiste, travailler dans la bonne humeur, c’est très agréable.

Le site est il libre d’accès ?

Jean-François VIEL : L’accès au cours est payant, car il y a énormément de travail derrière, tant sur la paléographie elle-même, que sur la méthode pour l’enseigner. Pour le moment, nous avons envisagé deux niveaux. Un niveau Novices, qui est déjà disponible, et un niveau Intermédiaires, qui le sera très prochainement.

En outre, nous proposons et proposerons des exercices complémentaires.

Baptiste ETIENNE : Par ailleurs, si l’accès est payant, je vous invite à regarder les tarifs de nos concurrents pour les cours par correspondance. Bilan : nous sommes beaucoup moins chers. Pour quelle raison? Simplement parce que la plateforme demande beaucoup de temps pour la mise en place, mais très peu en gestion ultérieure.

De plus, nous avons mis en place une section « bien débuter » qui offre de nombreuses vidéos explicatives et des tutoriels. L’idée, c’est vraiment de rassurer puisqu’une plateforme peut faire peur au premier abord, surtout si on n’y a jamais été confronté. Enfin, la plateforme offre plus de simplicité d’utilisation pour les apprenants qui peuvent véritablement avancer à leur rythme et suivant les horaires qu’ils décident.

Jean-François VIEL : Pour être parfaitement clairs et transparents, le coût du niveau Novices est de 190 €, et celui du niveau Intermédiaire de 275 €. Essayez de trouver moins cher !

Baptiste ETIENNE : Bon résumé.

Si un utilisateur choisit le niveau Novice, peut-il espèrer déchiffrer les actes de ses ancêtres ayant vécu en 1700 ?

Jean-François VIEL : À la fin de l’enseignement, s’il a bien assimilé les cours et correctement effectué les exercices, oui ! Nous avons pris la peine de tout « décortiquer », de tout expliquer, et ce, de la façon la plus didactique possible. Nous proposons, ensuite, des exercices que l’apprenant peut reprendre autant de fois qu’il le souhaite et à son rythme. Avec cette préparation, il doit être en mesure d’affronter des documents de 1700, voire même largement plus anciens.

Baptiste ETIENNE : Surtout que nous restons disponibles pour répondre à leurs questions et éclairer les points qui pourraient encore poser problème à l’issue d’un cours ou d’un exercice.

Jean-François VIEL : Bien entendu, c’est d’ailleurs arrivé aujourd’hui même.

Quelle est votre méthode d’apprentissage ?

Jean-François VIEL : Notre méthode d’enseignement repose sur deux axes complémentaires :

1. Un enseignement théorique de la paléographie (règles de transcription, lettres, ligatures, abréviations, chiffres et dates…) qui se veut aussi didactique et complet que possible. Ces cours permettent d’acquérir les fondements de la discipline et de disposer d’une base de connaissances. S’ajoute la mise en place d’un glossaire, composé d’environ 400 mots, auquel on peut se référer lorsqu’on est amené à transcrire des textes de l’époque moderne.

2. Une mise en pratique des acquis théoriques par la confrontation à des exercices et à des textes de difficulté croissante. Ces tests ne sont pas sanctionnés par une note et peuvent être recommencés autant de fois que l’apprenant le souhaite. Pour nous, l’important est que vous vous imprégniez des graphies et des tournures de l’époque moderne, et que vous soyez placé en « situation réelle » face à des textes.

Si les apprenants ne parviennent pas à déchiffrer tous les mots à la première lecture, cela n’a aucune importance, c’est même plutôt normal. L’idée étant d’aller aussi loin que vos connaissances le permettent et de trouver le plus de solutions possibles par vous-même, en vous aidant notamment du contexte. L’apprenant accède ensuite à un corrigé détaillé qui permet de faire le point sur ce qu’il n’aurait pas su faire et sur les points qui restent à approfondir.

Jean-François VIEL : Nous vous conseillons vivement de recommencer autant de fois que nécessaire l’exercice en cours, et ce, jusqu’à ce que tous les points abordés vous paraissent clairs et acquis. L’équipe de paleo-en-ligne demeure convaincue que l’assimilation est meilleure si on triomphe des difficultés par soi-même !

Baptiste ETIENNE : En terme d’évolution technique (et cela concerne aussi directement la méthode), nous utilisons beaucoup de gifs dans les corrections. Il s’agit d’images animées qui permettent de suivre le ductus des lettres. C’est extrêmement important pour la bonne compréhension des textes anciens. S’ajoute la mise en place d’un enseignement très complet. Reposant sur 10 enseignements qui portent sur les ligatures, les abréviations, les chiffres, dates…

Comment s’inscrire au cours ?

Jean-François VIEL : Tout simplement en se connectant à la plateforme, une vidéo vous explique comment procéder. C’est extrêmement simple.

Les personnes qui le souhaitent peuvent passer un petit test, qui nous permet d’évaluer leur connaissance, et de les diriger vers le niveau qui leur est le plus adapté.

https://docs.google.com/forms/d/1pTlXuX1c6Vn-_GnF3XnT6PyspFJLHcTUfZvRcC3Fvss/edit#responses

Le logiciel copysafe pdf reader nécessaire pour les cours est-il libre et multiplateforme (Linux, mac, windows) ?

Baptiste ETIENNE : Le logiciel est libre et gratuit. Il ne fonctionne que sous Windows, mais nous avons mis en place des alternatives pour les autres systèmes d’exploitation.

Pour nous, il s’agit essentiellement de protéger nos données et d’éviter une dispersion de nos enseignements, mais l’utilisation demeure simple. Sinon, nous aurions choisi une autre option.

Souhaitez-vous apporter des précisions sur ce qui a été dit précédemment ?

Jean-François VIEL : Peut-être que nous aimerions que cette plateforme puisse contribuer à faire connaître davantage la paléographie et à la rendre attrayante et passionnante au plus grand nombre, comme elle l’est à nos yeux.

Baptiste ETIENNE : Oui, c’est vrai que cette discipline a quelque chose de méconnu. Or, dès qu’on se plonge dedans, on découvre un monde.

Je me dis aussi que, ça pourrait être intéressant d’évoquer rapidement notre rencontre. Elle s’est faîte sur le groupe de paléographie, mais, le côté drôle, c’est que lorsque j’ai créé mon entreprise, j’ai découvert qu’il y avait un mec qui arrivait à poster plus vite que moi. Alors, je me suis mis en tête d’accélérer le rythme.

Baptiste ETIENNE : J’y suis presque arrivé, hein JF ? 😛

Jean-François VIEL : Oui oui, tu arrives souvent à me bluffer ! 😀

Baptiste ETIENNE : Ce n’est qu’après avoir bien rigolé que nous avons échangé. Et, je crois pouvoir dire que c’est d’abord une amitié avant d’être une association professionnelle. Ce point me semble essentiel. Même si nous avons beaucoup travaillé pour faire cette plateforme, ce projet c’est aussi et surtout un plaisir. C’est pourquoi on est heureux de pouvoir maintenant le présenter au public!

Jean-François VIEL : C’est exactement ça, il y a deux niveaux différents dans notre association. Et je crois que nous en sommes tous deux très heureux.

Merci d’avoir répondu aux questions, nous rappelons l’adresse de votre plateforme : paléo-en-ligne.fr

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